Quand se déplacer devient un enjeu de santé publique

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Prendre les transports en commun et m’exposer à des millions de microbes appartenant à de parfaits inconnus? Très peu pour moi. Marcher la totalité de mon trajet… et perdre 2 heures de ma vie? Non merci. Enfourcher mon vélo lorsque le mercure atteint les -20 °C? Ils sont fous, ces Romains! Je resterai avec ma confortable voiture, point final.

Et si l’on vous disait que cette décision, celle d’opter pour l’auto solo, affectait plus de personnes que vous le croyez? À l’heure actuelle, dans le monde, un décès sur six est lié à la pollution, soit «trois fois plus que les morts combinées du sida, de la tuberculose et du paludisme» selon une étude de la Commission pollution et santé de la revue médicale The Lancet. En Europe, la pollution atmosphérique cause le décès prématuré de 400 000 personnes chaque année, le transport routier étant en tête de lice des principaux émetteurs de polluants atmosphériques.

Les plus grands problèmes de santé du XXIe siècle ne sont pas la «grippe mortelle» des transports publics ou les engelures aux pieds, mais bien le cancer, le diabète, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. Les remèdes miracles à ces problèmes existent: l’activité physique, l’alimentation saine, ne pas fumer, un niveau de stress réduit, un environnement sain et sécuritaire – et un revenu suffisant pour se permettre toutes ces choses.

Ok, mais quel est le lien avec le transport public et actif?

L’accessibilité et l’utilisation accrues du transport en commun (et du transport actif) affectent bon nombre de ces paramètres. En rafale, le transport public :

  • Permet de réduire la pollution de l’air.
  • Réduit le nombre de décès et de collisions routières.
  • Encourage l’activité physique. Eh oui! Chaque trajet en métro, train ou bus commence généralement par une petite marche et se termine de la même manière.
  • Diminue le stress au travail. Une étude menée par l’Université de Montréal a révélé que le simple fait de passer plus de 20 minutes dans sa voiture pour se rendre au travail augmente les risques d’épuisement professionnel.
  • Permet d’économiser de l’argent, plusieurs milliers de dollars par personne, en moyenne, chaque année.
  • Améliore l’équité sociale, en donnant accès à l’emploi, aux services et à la famille à plusieurs personnes à plus faible revenu, en situation d’handicap ou âgées.

Ainsi, opter pour le transport en commun s’inscrit dans une démarche sociétale d’écoresponsabilité et de santé publique. Comme l’a si bien dit Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’Automobile (FiA) et envoyé spécial de l’ONU pour la sécurité routière en conférence à Movin’On 2017: «la mobilité est un facteur de développement économique, mais aussi un droit de l’homme.»

Oh! Et pour les mysophobes qui ont arrêté leur lecture à la vue du mot «microbe» plus haut, cette étude publiée dans une revue de l’American Society for Microbiology devrait vous rassurer.

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